La lutte contre les discriminations : entre théorie et pratique, entre droit et politique

Le séminaire qui s’est tenu le 21 juin 2000 à Nanterre sur la lutte contre les discriminations était destiné à marquer la création du Centre. Le choix du thème de la lutte contre les discriminations se justifiait à la fois par le fait qu’il figure parmi les thèmes prioritaires du nouveau centre, par le fait qu’il est au cœur de la réflexion de plusieurs de ses membres, et aussi en raison de l’actualité. La lutte contre la discrimination raciale est devenue ces derniers temps une préoccupation centrale des pouvoirs publics, tandis que le Traité d’Amsterdam fait entrer dans le champ des compétences communautaires la lutte contre la discrimination sous toutes ses formes, fondée sur le sexe ou la race, mais aussi sur l’orientation sexuelle, l’âge ou le handicap.

Le choix des intervenants à ce séminaire reflète la diversité souhaitée des angles d’attaque. Sont en effet intervenus :

  • des juristes, enseignants ou chercheurs, publicistes ou privatistes, mais aussi praticiens : Daniel Borrillo, dont les recherches actuelles portent sur les politiques publiques en matière de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ; Agnès Tricoire, avocate, qui a contribué à la rédaction d’une proposition de loi d’origine associative visant à lutter contre le sexisme et l’homophobie ; Marie-Thérèse Lanquetin, qui travaille depuis de longues années sur les discriminations professionnelles entre hommes et femmes et qui est devenue la spécialiste de la réglementation et de la jurisprudence communautaires, lesquelles ont beaucoup contribué à faire avancer les choses, y compris en France, dans ce domaine ; Isabelle Vacarie, spécialiste du droit de la santé, qui travaille notamment sur la question des données génétiques et les discriminations qu’elles sont susceptibles d’engendrer à l’embauche ou dans le champ de l’assurance ;
  • un sociologue, en la personne de Philippe Bataille, chercheur au Centre d’analyse et d’intervention sociologique (Cadis), et qui, après avoir été, il y a quelques années, la cheville ouvrière d’une enquête sur les discriminations raciales à l’embauche, commanditée par la CFDT, est devenu le premier président du conseil d’orientation du GED (Groupe d’étude sur les discriminations), créé par le gouvernement en avril 1999 en vue d’analyser les discriminations dont souffrent les populations à raison de leur origine et de formuler des propositions de nature à les combattre :
  • un autre sociologue, mais médecin et anthropologue de formation, Didier Fassin, professeur à l’université de Paris-Nord et directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, et qui a particulièrement réfléchi sur les inégalités et les discriminations en matière de santé, notamment celles qui touchent les immigrés.

Les actes du séminaire ont donné lieu à une publication:

La lutte contre les discriminations. entre théorie et pratique, entre droit et politique-CREDOF

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